20h27

Je suis en vacances depuis quelques heures. Les dernières avant l’été. Le temps semble s’être délicieusement mis sur pause en avril. J’ai dix-huit jours devant moi, la liberté de les organiser comme je l’entends, avec pour seule obligation quatre vingt copies à corriger, une vingtaine de carnets de voyage du monde entier, des cours à inventer, sur l’amour qui se dessine et se dit, les haïkus, les hivers en calligrammes. Dehors, le printemps est revenu. Il n’y a aucun nuage dans le ciel rose pâle. Les mouettes planent, au rythme du vent, au dessus de la Seine.

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Se retrouver

Sept jours au creux des montagnes, à côtoyer les sommets et tromper la neige du bout  des skis. Sept jours à reprendre souffle et envol, à s’arrêter face au Mont Blanc, les yeux plissés, éblouis, à dévaler dans la poudreuse et toucher les nuages avec les doigts. Sept jours, une semaine, à se retrouver soi-même, puis ensemble, comme si le temps s’était  soudain figé, il y a plus de dix ans, en mieux. Aujourd’hui l’adolescence est derrière moi. Désormais, nous sommes un de plus, et les éclats de voix ne sont que des éclats de rire. Revenir ici, finalement, c’est murmurer à celle que j’étais que rien ne sera comme je l’imagine, que tout sera encore plus vif, plus brûlant, comme le froid qui strie mes joues sur les pistes. Ce sera dur et beau à la fois, encore, il y a dix ans et demain, et chaque joie, chaque chagrin, immense ou minuscule, nous prouvera qu’on est vivant.