Derrière les murs

J’ai commencé ces lignes comme on sort d’un rêve. J’ai voulu écrire les mots sur les murs qui nous enferment aujourd’hui, le ciel bleu au-dessus des yeux. Et puis j’ai su. Je n’ai pas envie de vous parler des jours qui passent, là, mais de ceux qui nous attendent.

Demain, oui demain, on retrouvera le printemps, l’été, le goût des saisons, puis celui des framboises et leurs traces lie de vin sur les doigts. On retournera dehors, en terrasse, sur les quais, dans les champs, courir sous les nuages, faire tinter nos verres, et regarder la lune. On chérira les plaisirs des matins, l’odeur du café, les bouquets de pivoines, la chaleur qui brûle les épaules claires et les ruelles pavées. On dira, encore, « et si on allait voir la mer ? », et on partira vite rejoindre les vagues. On sentira le sable entre nos orteils, un livre contre la poitrine, les lèvres pleines de sel. On criera comme des fous et le vent portera nos voix en écho, avant d’admirer le crépuscule et l’idée de pouvoir s’y noyer.

Et derrière les murs qui nous protègent ce matin, nos cœurs éclateront, demain, de pouvoir battre encore.

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