Mes dernières lectures #5

Depuis septembre, j’écris bien plus que je ne lis. Je termine actuellement mon premier manuscrit et mon esprit est constamment happé par mes propres pages — ce qui a pu parfois freiner mon envie d’ouvrir un livre ces dernières semaines. Mais ça ne m’a pas empêché de faire quelques belles découvertes, que je vous partage aujourd’hui.

Dans cet article, je vous parle de mes lectures de septembre et d’octobre. Les deux derniers mois de l’année seront évoqués après les fêtes suivi certainement de près par un bilan annuel début janvier. Pour la suite… Mystère ! Je ne suis pas certaine de continuer ce format sur le blog en 2020, même si je compte le poursuivre sur Instagram. Lire la suite

C’était en août

« En songe, mes retours imaginaires se passaient ainsi ; très vite, je glissais dans l’obscurité vers Stamboul, et, ce soir, je finis par avoir presque l’impression de n’être plus qu’un fantôme de moi-même, en route nocturne vers le pays que j’ai aimé… » 

C’était en août, dans une grande maison silencieuse entourée par la pinède. Je revenais tout juste d’un voyage seule au Maroc. Après une courte nuit au troisième étage d’un immeuble de Casablanca, au numéro d’un boulevard dont j’ai oublié le nom, j’avais pris le taxi très tôt dans l’aube qui tardait à venir. Presque sur la pointe des pieds, dans les rues encore endormies, j’avais dit adieu, en croyant à un au revoir, aux visages que j’aimais là-bas.

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A lire : Bakhita, Véronique Olmi

« Son corps est la propriété exclusive des maîtres, son cœur est pétrifié, et son âme ne sait plus où vivre. »

J’aimerais pouvoir décrire ce roman avec les mots qui conviennent, des mots qui diraient l’identité oubliée, les enfants volés, l’enfance envolée, les longues caravanes dans l’immensité. J’aimerais dire les mains serrées, liées, l’oiseau que l’on suit dans le ciel, les coups, le corps marqué, les langues qui se mêlent et se mélangent,  les endroits qui vivent loin de nous, ceux qui cessent peut-être un jour d’exister. J’aimerais être capable de raconter la vie de Bakhita, petite fille du Soudan arrachée à sa famille, qui d’esclave devient domestique, puis religieuse. J’aimerais parler de mon attachement, au fil des pages, l’envie de la bercer, elle, l’enfant qui n’est plus là depuis des années.

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A lire : Les passeurs de livres de Daraya, Delphine Minoui

« Les livres, ces sédiments de la mémoire qui défient les carcans. Du temps. De l’asservissement. De l’ignorance. »

J’ai refermé ce livre il y a plusieurs semaines. Je désirais en parler autant que mes mots s’envolaient, au fil du récit. Daraya, pour Paris, à des milliers de kilomètres, c’est trois syllabes à la radio, la certitude que la cruauté ne connaît pas de limite, le visage impassible de Bachar Al Assad qui dit lutter contre le bastion du terrorisme. C’est la révolte silencieuse, sans possibilité d’agir, devant les attaques au gaz chimique. C’est les « pourquoi » qui n’éteignent pas les flammes.

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A lire : « Arrête avec tes mensonges », Philippe Besson

« Il ajoute cette phrase, pour moi inoubliable : parce que tu partiras et que nous resterons ».

1984. La terminale, l’année du bac, le temps des nuits blanches, des flirts et des idylles. L’année du premier amour, celui que l’on dévore, celui que l’on fait en silence derrière des portes closes. Celui de l’auteur s’appelle Thomas Andrieu. Il lui demande que leurs rendez-vous soient secrets, que les corps à corps restent muets. Philippe découvre l’attente, la consistance de l’absence, l’abandon, de soi comme de l’autre.

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A lire : Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie

« Il se demandait toujours quoi faire ensuite, et elle lui disait qu’elle y pensait rarement, parce qu’elle n’avait pas grandi dans le faire, mais dans l’être. »

Parfois, il arrive que je referme un livre dans les murmures d’un grand silence. Quand les ultimes mots s’esquissent, quand le dernier des points scelle l’histoire, les larmes me montent aux yeux sans raison. Americanah est de ces fins-là, de ces grandes claques qui sifflent sans prévenir, de ces livres que l’on savoure sans parvenir à les quitter.

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Acquisitions & belles découvertes à Livre Paris

Cette année, comme les précédentes, je me suis rendue à Livre Paris avec pour seul programme celui de ne pas en avoir. Je préfère flâner au fil des stands, naviguer entre les lecteurs et me laisser surprendre. Même si j’ai déjà rencontré quelques auteurs, c’est surtout le hasard de l’instant qui a permis les belles occasions. Je ne prévois jamais de dédicaces, tout simplement parce que je ne suis pas très à l’aise dans les conditions que cela suppose : le temps me presse, et je ne sais pas quoi dire à part de timides « merci ». En revanche, quand la foule et la montre ne dictent pas les rencontres, les salons offrent de beaux échanges et ce sont ces surprises qui me font aimer le goût de l’imprévu.

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A lire : Seuls les enfants savent aimer, Cali

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Il y a d’abord le titre. Seuls les enfants savent aimer. Devant la couverture blanche et ses écritures bleues, je me demande si c’est vrai, si l’enfance conserve cette part de pureté, d’innocence, qui confisque la force des premières émotions à jamais. Au fond, je le sais. Je tourne le livre et le laisse glisser entre mes doigts. Les mots de la quatrième de couverture ne me quittent pas. « A chaque seconde le cœur d’un enfant explose. »

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Mes souhaits de lecture en 2018

Début mars. L’année est déjà bien entamée mais il n’est jamais trop tard pour parler de mes envies littéraires. Dans ce billet un peu tardif, je liste les titres que j’aimerais découvrir en 2018 : littérature classique, contemporaine ou jeunesse, essais, ouvrages de développement personnel, bandes-dessinées… Les mois à venir seront placés, je l’espère, sous le signe des découvertes et des (bonnes) surprises ! Certains de ces livres sont déjà dans ma Pile à Lire, d’autres seront empruntés à la bibliothèque ou achetés très bientôt.

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A lire : Les loyautés, Delphine de Vigan

Les loyautés. « [C]es tremplins sur lesquels nos forces se déploient et les tranchées dans lesquelles nous enterrons nos rêves. »

Le dernier roman de Delphine de Vigan effleure les trajectoires de quatre personnages, Théo, Mathis, Hélène et Cécile, adolescents et adultes. Ils se croisent, vivent même ensemble et côte à côte, fragiles et funambules, les mains tendues vers l’autre. C’est ce qu’il faut retenir de plus fort : les mains tendues, les yeux grands ouverts sur ceux qui nous entourent, quitte à outrepasser les limites — à l’image d’Hélène, professeure, qui reconnait la souffrance de Théo, douze ans, et ne recule devant rien pour le sortir de l’ombre.

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