À lire : Miss Islande, Audur Ava Ólafsdottir

« Nous sommes faits de l’étoffe de nos rêves »

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Je n’ai pas lu Miss Islande. Je me suis jetée toute entière entre ses pages, bercée par le relief des volcans et les contours des vagues. J’ai parcouru les rues de Reykjavik, sillonné les chemins de neige après les fêtes, entendu le raffut des marins sur le port. J’ai senti le vent sur mes joues striées par le froid, j’ai regardé derrière les fenêtres du café Mokka, j’ai griffé le givre sur les vitres. J’ai écrit à la machine à écrire sur une petite table en bois, dessiné les glaciers au dessus des fjords et écouté la voix du père quand il décrivait la lave en fusion.
J’ai été Hekla, Jon et Isey, tour à tour, tout à la fois.

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A lire : La salle de bal, Anna Hope

Là, tout de suite, les yeux sur la couverture, peut-être imaginez-vous une femme valser, presque sur la pointe des pieds, lors d’un immense bal dans une salle somptueuse. Vous devinez son visage, tandis qu’elle vole dans sa robe jaune, les yeux clos, fiévreuse et enivrée, voguant de bras en bras.

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Mes dernières lectures #3

Alors que le mois de juillet commence à tâtons et annonce l’arrivée des choix impossibles dans l’objectif de tenir dans une valise minuscule* (que ceux qui prennent mille fois trop de livres pour les vacances lèvent la main), je vous parle aujourd’hui de mes dernières découvertes : classique, contemporain, bande-dessinée, français, étranger, il y en a pour tous les goûts !

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A lire : Bakhita, Véronique Olmi

« Son corps est la propriété exclusive des maîtres, son cœur est pétrifié, et son âme ne sait plus où vivre. »

J’aimerais pouvoir décrire ce roman avec les mots qui conviennent, des mots qui diraient l’identité oubliée, les enfants volés, l’enfance envolée, les longues caravanes dans l’immensité. J’aimerais dire les mains serrées, liées, l’oiseau que l’on suit dans le ciel, les coups, le corps marqué, les langues qui se mêlent et se mélangent,  les endroits qui vivent loin de nous, ceux qui cessent peut-être un jour d’exister. J’aimerais être capable de raconter la vie de Bakhita, petite fille du Soudan arrachée à sa famille, qui d’esclave devient domestique, puis religieuse. J’aimerais parler de mon attachement, au fil des pages, l’envie de la bercer, elle, l’enfant qui n’est plus là depuis des années.

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A lire : Les passeurs de livres de Daraya, Delphine Minoui

« Les livres, ces sédiments de la mémoire qui défient les carcans. Du temps. De l’asservissement. De l’ignorance. »

J’ai refermé ce livre il y a plusieurs semaines. Je désirais en parler autant que mes mots s’envolaient, au fil du récit. Daraya, pour Paris, à des milliers de kilomètres, c’est trois syllabes à la radio, la certitude que la cruauté ne connaît pas de limite, le visage impassible de Bachar Al Assad qui dit lutter contre le bastion du terrorisme. C’est la révolte silencieuse, sans possibilité d’agir, devant les attaques au gaz chimique. C’est les « pourquoi » qui n’éteignent pas les flammes.

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