A lire : Des hommes couleur de ciel, Anaïs Llobet

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Connaissez-vous ce sentiment qui donne envie de garder un livre le plus longtemps possible entre vos mains ? Vous savez, celui qui vous pousse à tourner les pages doucement, dans un murmure, presque un frôlement, de peur que la fin n’arrive déjà. Non pas parce que vous craignez qu’elle ne tienne pas ses promesses, mais simplement car vous n’êtes plus seulement à la lisière d’une histoire, mais le cœur véritablement pris dans toute sa beauté, ses cris silencieux et ses tourments indicibles.

C’est ce que j’ai ressenti en lisant Des hommes couleur de ciel.

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A lire : J’ai couru vers le Nil, Alaa El Aswany

Il y a cinq ans, je découvrais Alaa El Aswany comme on ouvre un livre pour un examen : avant un entretien pour un stage dans un mensuel de littérature, j’avais prévu de lire l’auteur qui faisait la Une du dernier numéro. J’étais curieuse mais sans attente, je voulais simplement être sûre de pouvoir répondre aux questions qu’on me poserait. J’ai été résolument embarquée dès les premières pages de L’Immeuble Yacoubian, au point d’acheter Automobile Club d’Egypte quelques jours plus tard, le jour de sa parution en librairie. Finalement, l’entretien n’a absolument pas porté sur Alaa El Aswany mais j’ai décroché le stage et découvert un des auteurs qui m’est le plus cher aujourd’hui. Alors quand J’ai couru vers le Nil est sorti il y a quelques semaines, je savais que ce serait, une fois de plus, un livre qui compte, de ceux que l’on garde précieusement contre soi.

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A lire : « Arrête avec tes mensonges », Philippe Besson

« Il ajoute cette phrase, pour moi inoubliable : parce que tu partiras et que nous resterons ».

1984. La terminale, l’année du bac, le temps des nuits blanches, des flirts et des idylles. L’année du premier amour, celui que l’on dévore, celui que l’on fait en silence derrière des portes closes. Celui de l’auteur s’appelle Thomas Andrieu. Il lui demande que leurs rendez-vous soient secrets, que les corps à corps restent muets. Philippe découvre l’attente, la consistance de l’absence, l’abandon, de soi comme de l’autre.

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A lire : Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie

« Il se demandait toujours quoi faire ensuite, et elle lui disait qu’elle y pensait rarement, parce qu’elle n’avait pas grandi dans le faire, mais dans l’être. »

Parfois, il arrive que je referme un livre dans les murmures d’un grand silence. Quand les ultimes mots s’esquissent, quand le dernier des points scelle l’histoire, les larmes me montent aux yeux sans raison. Americanah est de ces fins-là, de ces grandes claques qui sifflent sans prévenir, de ces livres que l’on savoure sans parvenir à les quitter.

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Acquisitions & belles découvertes à Livre Paris

Cette année, comme les précédentes, je me suis rendue à Livre Paris avec pour seul programme celui de ne pas en avoir. Je préfère flâner au fil des stands, naviguer entre les lecteurs et me laisser surprendre. Même si j’ai déjà rencontré quelques auteurs, c’est surtout le hasard de l’instant qui a permis les belles occasions. Je ne prévois jamais de dédicaces, tout simplement parce que je ne suis pas très à l’aise dans les conditions que cela suppose : le temps me presse, et je ne sais pas quoi dire à part de timides « merci ». En revanche, quand la foule et la montre ne dictent pas les rencontres, les salons offrent de beaux échanges et ce sont ces surprises qui me font aimer le goût de l’imprévu.

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A lire : Seuls les enfants savent aimer, Cali

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Il y a d’abord le titre. Seuls les enfants savent aimer. Devant la couverture blanche et ses écritures bleues, je me demande si c’est vrai, si l’enfance conserve cette part de pureté, d’innocence, qui confisque la force des premières émotions à jamais. Au fond, je le sais. Je tourne le livre et le laisse glisser entre mes doigts. Les mots de la quatrième de couverture ne me quittent pas. « A chaque seconde le cœur d’un enfant explose. »

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A lire : Les loyautés, Delphine de Vigan

Les loyautés. « [C]es tremplins sur lesquels nos forces se déploient et les tranchées dans lesquelles nous enterrons nos rêves. »

Le dernier roman de Delphine de Vigan effleure les trajectoires de quatre personnages, Théo, Mathis, Hélène et Cécile, adolescents et adultes. Ils se croisent, vivent même ensemble et côte à côte, fragiles et funambules, les mains tendues vers l’autre. C’est ce qu’il faut retenir de plus fort : les mains tendues, les yeux grands ouverts sur ceux qui nous entourent, quitte à outrepasser les limites — à l’image d’Hélène, professeure, qui reconnait la souffrance de Théo, douze ans, et ne recule devant rien pour le sortir de l’ombre.

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