20h27

Je suis en vacances depuis quelques heures. Les dernières avant l’été. Le temps semble s’être délicieusement mis sur pause en avril. J’ai dix-huit jours devant moi, la liberté de les organiser comme je l’entends, avec pour seule obligation quatre vingt copies à corriger, une vingtaine de carnets de voyage du monde entier, des cours à inventer, sur l’amour qui se dessine et se dit, les haïkus, les hivers en calligrammes. Dehors, le printemps est revenu. Il n’y a aucun nuage dans le ciel rose pâle. Les mouettes planent, au rythme du vent, au dessus de la Seine.

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L’heure dorée

J’ai toujours envie de capturer toutes les couleurs du bord des routes.

Hier, j’ai posé mes affaires et attrapé mon appareil photo. Dans la rue, le vent était tombé, les feuilles ne volaient plus. Je me suis arrêtée dix fois, peut-être vingt, pour essayer de saisir les ombres et les reflets. Face au moulin, une inconnue regardait la même scène. J’ai souri et elle m’a dit « Je viens souvent ici ». Elle m’a raconté qu’elle avait quitté Paris pour cette vie-là, comme moi, dix-sept ans avant, sans jamais regretter. Les yeux face au soleil, nous avons évoqué les ballades en forêts, les châteaux des templiers et notre même métier. Nous avons parlé d’art, de Monet, de cette lumière si belle qui l’avait fait rester.

Cachés derrière les feuilles d’automne, les bateaux se balançaient doucement au rythme de l’eau. Les enfants faisaient du canoë un peu plus loin. Le soleil déclinait et je me suis arrêté dix ou vingt fois, encore, savourant l’heure dorée.

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Normandie, octobre 2017.
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Normandie, octobre 2017.
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Normandie, octobre 2017.