J’ai écrit

J’ai écrit il y a déjà vingt ans, dix, hier, et aujourd’hui encore.
J’ai écrit sur des murs blancs, j’ai écrit des poèmes, des rêves, j’ai griffonné dans les marges de mes cours, des lettres à des prénoms que je ne prononce plus, des lignes pour rattraper les songes, et dire, dire le temps, dire les hivers, et ce qu’il restait de ses mains sur mon corps.
J’ai écrit pour taire, crier, j’ai rempli des carnets, des pages de mots d’ailleurs, là-bas, de tickets de métro, de journées de pluie et de fleurs séchées.
J’ai écrit dans le silence des étoiles, les draps en boule contre mes jambes, les larmes au creux de la gorge, j’ai écrit le passé, la colère, les angoisses d’autres matins, les mensonges, les regards pleins de fièvre, j’ai écrit la liberté, la puissance, les cœurs qui cognent et qui renaissent, le désespoir de perdre, et la plénitude d’aimer plus fort.
J’ai écrit, à l’aube et au cœur des nuits noires, j’ai écrit pour éteindre ce qui prenait feu en moi, ou au contraire tout brûler.

J’ai écrit et, toujours, je récidive.

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Le parfum des orangers

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Il y a trois ans, trois ans et quelques jours déjà, je marchais dans les ruelles pavées de Tanger. Je retrouvais le Maroc et le souvenir d’anciennes saisons chevillées au corps.
Je pensais à la casbah des Oudayas, à Essaouira, la Mogador éternelle, à Marrakech, brûlante, vivante, aux quartiers grouillants de Casa, à l’aube de mes seize ans dans les rues d’Agadir, puis à d’autres villes, encore, d’autres trains, d’autres heures silencieuses.

C’est cette nuit-là, le front collé à la vitre d’un taxi bleu ciel, que j’ai su. Il fallait que mon premier roman porte en lui ce pays. Lire la suite

Les pages blanches (et les autres)

Il y a des jours avec et des jours sans. Des heures immenses, des cartes postales, des rues de Tanger, des tasses de thé, des jours qui se lèvent et des nuits qui tombent, des interlignes, des majuscules, des notes en couleurs, des dates en italique. Il y a des carnets, bleus par superstition, des vieux journaux, des photographies en noir et blanc du café de Paris, de l’hôtel El Minza et des toits de la ville.

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