Mes dernières lectures #4 : heures solaires & rentrée littéraire 

Les yeux rivés sur les montagnes de Transylvanie, dans un train de nuit vers Istanbul, à la frontière bulgare, sur un ferry traversant le lac de Van, au bord de l’eau, ou dans la douceur des fins de journée à l’ombre des feuilles de palmier, l’été a été synonyme de moments de lecture qui restent longtemps en tête.

En ce début d’automne, je vous embarque avec moi pour un tour d’horizon de mes découvertes estivales — oui, l’expression « mieux vaut tard que… » n’a jamais aussi bien porté son nom !

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Les heures de soleil

  • Rebecca, Daphné du Maurier

Si je ne devais choisir qu’un seul livre lu cet été, ce serait ce chef d’œuvre de Daphné du Maurier, le plus classique mais aussi le plus puissant. J’ai découvert sa plume il y a quelques mois avec Ma cousine Rachel et je ne cesse d’être émerveillée par son génie.

En quelques mots : Rebecca, disparue en mer un an auparavant, semble encore hanter les murs de Manderley et l’esprit de la nouvelle épouse du propriétaire du manoir, Maxim de Winter. Mais que s’est-il réellement passé la nuit où son bateau a coulé ?Autour de la figure mystérieuse et envoutante de Rebecca, Daphné du Maurier mène à la perfection une intrigue saisissante ponctuée de rebondissements inattendus et de secrets bien gardés. Un roman magistral que je relirai forcément.

  • La salle de bal, Anna Hope (chronique complète ici et ici)

Mon deuxième coup de cœur de l’été est pour ce livre lu à mon retour de voyage : je ne m’attendais pas à l’aimer autant, mais il me reste toujours en mémoire, en particulier grâce à sa fin d’une justesse incroyable.

En quelques mots : Ella, John, Clem et Dan sont des patients de l’asile pour aliénés de Sharston. Leur médecin, à la tête de l’orchestre qui les fait tournoyer lors des bals du vendredi, élabore de sombres projets pour contrôler les faibles d’esprit à l’époque où la thèse de l’eugénisme séduit jusqu’à Churchill. Avec ce roman, Anna Hope lève le voile sur une réalité historique souvent méconnue. Tout dans ce texte, du style de l’auteure à son acuité, de la nécessité du sujet à sa documentation, est remarquable.

  • La bâtarde d’Istanbul, Elif Shafak (chronique complète ici)

Je ne pouvais pas retourner en Turquie sans prendre un livre d’Elif Shafak dans mes valises, en particulier à Istanbul. C’était, comme toujours, un plaisir de retrouver sa plume.

En quelques mots : Armanoush, jeune américaine de la diaspora arménienne, cherche à retracer l’histoire de sa grand mère. Arrivée à Istanbul, celle-ci est accueillie par la famille Kazanci, dans laquelle Asya, du même âge, contient au contraire sa rage face à des origines inconnues. Elif Shafak parvient, une nouvelle fois, à traiter d’un sujet délicat à aborder encore aujourd’hui en Turquie, à savoir la question de la reconnaissance du génocide arménien, de la symbolique du pardon, mais aussi le poids d’un passé dans lequel les générations actuelles ne se reconnaissent pas toujours.

  • L’île des oubliés, Victoria Hislop (chronique complète ici)

Autre auteure qui rime pour moi avec l’été : Victoria Hislop et ses histoires qui font voyager !

En quelques mots : Alexis, une jeune touriste anglaise, se rend dans un petit village crétois, sur les traces de ses origines. En retrouvant Fotini, une amie de la famille, elle découvre que son histoire est étroitement liée à l’île des oubliés, en face d’Elounda. Sous la plume de Victoria Hislop prend alors vie la famille Petrakis et on se laisse happer par leurs désirs, leurs failles et leur infinie volonté de résilience. C’est une nouvelle fois une belle fresque familiale et il me tarde de découvrir le prochain roman de l’auteure qui paraitra ce mois-ci !

A contre-courant

  • Summer, Monica Sabolo

En quelques mots : Lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer, dix-neuf ans, disparaît. Vingt ans plus tard, son frère est submergés par ses souvenirs : il rêve de sa soeur et n’en finit pas de la voir réapparaître. La plupart des avis sont dithyrambiques mais je me suis considérablement ennuyée, attendant qu’un événement vienne bouleverser ce courant de pensées. Sans succès.

  • Ciao Bella, Séréna Giuliano

En quelques mots : Anna, angoissée de nature, entreprend de commencer une psychothérapie pour exorciser ses démons et ses peurs. Au fil des séances, elle dévoile des pans de son enfance en Italie avec humour et nostalgie. C’est un livre qui ne m’a pas fait forte impression même si la lecture est agréable. Certains sujets soulevés sont intéressants et auraient mérité d’être abordés plus profondément, mais l’ensemble reste assez superficiel selon moi… En bref, un feel-good léger, mais vite oublié.

A l’heure de la rentrée

  • Baïkonour, Odile d’Oultremont (chronique complète ici)

En quelques mots : Anka a perdu son père, le capitaine du Baïkonour, lors d’un voyage en mer. Marcus, grutier, l’observe du ciel. Ces deux êtres que tout oppose vont-ils se trouver ? Un joli roman tout en poésie et surtout très bien écrit.

  • Journal de L, Christophe Tison (chronique complète ici)

En quelques mots : Avez-vous déjà entendu parler de Lolita de Vladimir Nabokov ? Dans le Journal de L, Christophe Tison offre une voix à l’héroïne dont on n’a jamais entendu la version : la parole est enfin donnée à Lo, son mètre quarante-six et son unique chaussette, Lola, Dolly, Dolores Haze de son vrai nom. Le pari était osé mais il est plus que réussi. Le propos est maîtrisé à la perfection, justement dosé, avec ce qu’il faut de vérité sans fard, de faits bruts, de sombre et de couleurs.

  • Rhapsodie des oubliés, Sofia Aouine (chronique complète ici)

En quelques mots : Abad, treize ans, raconte le quartier de la Goutte d’Or, les visages, les frontières invisibles, le quartier, le bled, le trafic, la misère planquée qui saute à la gorge, les enfants arrachés, à l’enfance, aux parents, aux pays, « engloutis ici et refusés là-bas ». Un uppercut : impossible de rester insensible à la plume de Sofia Aouine et à la voix qu’elle offre à ces oubliés dans cette rhapsodie.

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Je remercie encore une fois les maisons d’édition qui m’ont envoyé des livres pour la rentrée littéraire et m’ont permis de belles découvertes !

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Et vous, quels ont été vos meilleurs moments de lecture cet été ?

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