Mes dernières lectures #1

J’inaugure aujourd’hui cette nouvelle rubrique : « Mes dernières lectures ».

J’ai longtemps réfléchi à propos de l’orientation à donner à ce blog, pas spécifiquement littéraire, à mille lieues du lifestyle, où les livres côtoient les voyages, les heures du quotidien et les souvenirs au vol. Je voulais que la littérature y conserve une place de choix sans qu’elle en devienne le cœur. Je me suis essayée au format des chroniques l’an dernier, mais ce projet demande un temps et une régularité que je n’ai pas. Pour continuer à partager mes lectures, en parallèle de mon compte instagram dédié, j’ai choisi d’écrire un billet ici, mensuel ou au fil des saisons, au sujet des deux, trois ou dix derniers livres lus. Bien sûr, je ne mets pas de côté l’idée de rédiger, de temps à autre, un article spécifique sur une œuvre que j’ai envie de mettre en lumière.

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Après un long début d’hiver à abandonner chaque livre que j’ouvrais, à lire à peine deux pages par soir avant de fermer les yeux, j’ai enfin retrouvé un rythme sans pause ni détour. Pour ce premier billet, je vous présente donc quatre livres lus au début de l’année 2019. J’ai eu d’autres lectures depuis mais l’une fera l’objet d’un article à part entière et les autres seront évoquées pour un bilan de Mars au féminin.

  • Le cœur battant de nos mères, Brit Bennett (élu meilleur premier roman étranger 2017 par LIRE)

En flânant dans ma librairie, je suis tombée sur ce roman dont la quatrième de couverture présentait l’auteure comme étant « dans la lignée d’Elena Ferrante et de Chimamanda Ngozi Adichie » : il n’en fallait pas davantage pour me convaincre.

Nous suivons Nadia, à l’aube de ses dix-sept ans, sans repères suite à la perte de sa mère, et Luke, à peine plus vieux, de qui elle tombe enceinte. Après avoir avorté en secret, celle-ci termine le lycée et, le temps d’un dernier été à Oceanside, se lie d’amitié avec Aubrey, qui ignore tout de ses silences. En septembre, elle quitte la communauté noire et religieuse dans laquelle elle a grandi pour étudier dans une grande université. Elle laisse derrière elle Luke et Aubrey, mais durant la décennie qui suit, leurs chemins ne cesseront de se croiser et diverger, jusqu’à lire dans les silences et percer le secret de leur adolescence.

J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a permis de renouer avec l’envie de tourner les pages et m’a forcé à prendre le temps, sans regarder l’heure, pour mieux retarder la nuit.

« Tous les grands secrets ont un goût particulier avant d’être révélés »

  • Nos richesses, Kaouther Adimi 

Cette histoire est celle d’une librairie, d’un pari un peu fou et d’un rêve qui l’était encore plus, réalisé par l’éditeur Edmond Charlot en 1936, à peine âgé de vingt et un ans. En 2017, Ryad, un étudiant parisien, est chargé de fermer la librairie algéroise sous le regard des habitants et du dernier gardien des lieux, Abdallah. Dans ce livre, nous suivons donc tour à tour les pas de Ryad et ceux de l’éditeur, bien des années auparavant, de l’âge d’or aux heures plus sombres, dans cette vie qu’il dédia à la littérature.

Quand j’ai choisi ce livre à l’Institut du Monde Arabe, fin janvier, j’ai d’emblée su que je l’aimerai. Comme je le pressentais, cette lecture a été un trésor. Il me reste en tête des dizaines de passages de cette ode aux pages, que je garde encore en moi.

« Un livre, ça se touche, ça se sent, il ne faut pas hésiter à corner des pages, à l’abandonner, à y revenir, à le cacher sous l’oreiller… » 

  • Crime d’honneur, Elif Shafak 

Dans ce livre, Elif Shafak, habituée aux fresques familiales, raconte l’histoire d’Esma, immigrée kurde en Angleterre, dont la famille porte le poids du crime d’honneur commis par son frère ainé. Alors que celui-ci s’apprête à sortir de prison, bien des années plus tard, elle retrace le destin de chacun des protagonistes, sur trois générations. Sur près de cinq-cent pages, nous suivons les différents membres de cette famille, des rives de l’Euphrate aux rues de Londres.

Je n’ai, pour l’instant, jamais été déçue par Elif Shafak et ce livre ne déroge pas à la règle : il donne envie de tourner chaque page pour lever le voile sur ce crime, que les mots du coupable, enfermé dans la prison de Shrewbury, rend de plus en plus opaque.

« On commence à comprendre sa mère quand on devient mère soi-même. »

  • Après Constantinople, Sophie Van der Linden

Ce roman de Sophie Van der Linden, aux allures de conte, retrace le séjour d’un peintre français dans un domaine au coeur des territoires balkaniques de l’Empire ottoman, au début du XIXe siècle. Prisonnier dans cette fabrique de fustanelles, entre les murs et les montagnes, ses journées sont marquées par des conversations brèves et mystérieuses avec la régente des lieux, pour laquelle il doit peindre des panneaux. Mais celle-ci n’est jamais satisfaite des peintures qu’il lui propose et le conduit à bouleverser ses certitudes et à porter un regard neuf sur son art…

Même si j’ai lu cet ouvrage d’une traite, avec un certain plaisir, j’ai l’impression d’être passée un peu à côté du cœur du propos. Il avait pourtant tout pour me plaire : le cadre aux confins de l’Orient, le thème de la peinture ainsi que l’univers onirique du roman. La grande qualité de ce récit réside, en outre, dans le style de l’auteure qui offre de véritables moments de poésie — à l’image de l’extrait que je partage ci-dessous. Mais l’arrière-plan socio-politique à peine effleuré et les différents événements suggérés, traités en filigrane, comme en suspens, m’ont empêché d’entrer en profondeur dans l’histoire. Ceci dit, je pourrais le conseiller, ne serait-ce que pour l’écriture de Sophie Van der Linden.

« Tu es désormais, et j’en suis meurtri, comme ces essences dont tu raffolais, ces fumées que l’encens exhalait ; transparente, fuyante. Tu me fuis, ton souvenir me fuit, tu me vides de toi. »

En connaissez-vous certains ? D’autres vous font-ils envie ?

Les références des livres présentés dans cet article : 

  • Le coeur battant de nos mères, Brit Bennett, éd. J’ai lu, 2018 (Première édition pour la traduction française : Autrement, 2017)
  • Nos richesses, Kaouther Adimi, ed. Points, 2018. (Première édition : Seuil, 2017)
  • Crime d’honneur, Elif Shafak, ed. 10-18, 2014. (Première édition : Phébus, 2013)
  • Après Constantinople, Sophie Van der Linden, 2019.

2 réflexions sur “Mes dernières lectures #1

  1. moonpalaace 24 mars 2019 / 17 h 30 min

    Très jolie sélection pour cette nouvelle rubrique de ton blog que je suivrai avec plaisir…

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  2. Usva K. 30 mars 2019 / 11 h 23 min

    J’ai beaucoup aimé « Nos richesses » et je suis très tentée par « Le coeur battant de nos mères ». 🙂 Bel article en tout cas !

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